lundi 10 septembre 2012

Bienvenue en enfer Chapitre 6 (La chouette bavarde)


Mes lèvres contre les siennes, à peine sont elles entrées en contact qu’une décharge électrique traverse tout mon corps et me projette contre le mur derrière moi. La violence du choc est telle que je suis sonnée et éprouve du mal à me relever. Il me semble entendre un rire sinistre au loin. Malgré la douleur et l’obscurité, je me traine vers Etienne. La peur s’est emparée de moi, le retrouver, me coller contre lui pour chercher du réconfort, je dois y arriver, coûte que coûte.

Il parle, au début j’ai eu du mal à comprendre les mots prononcés. Son corps est parcouru de soubresauts, les traits de son visage sont méconnaissables. Lui qui d’habitude est jovial et a le sourire en permanence, est crispé et barré par deux rides profondes en travers de ses joues. Son teint est blafard.

Ses yeux grands ouverts, sont révulsés, il semble lutter contre une force inconnue qui le malmène. Le son de sa voix n’est pas le sien, une force obscure a pris possession de son corps. Serait-ce le diable ?

-          « Etienne, c’est moi ! Réponds moi ! »

Mais la chose continue à prononcer inlassablement toujours la même phrase par la bouche de mon amour.

-          « Les lâches payent toujours le prix fort. Il est l’heure. »

Le corps d’Etienne dégage une énergie négative et une chaleur telles que je n’ose le toucher. Mes poils sont dressés comme attirés par l’électricité flottant dans l’air.

Celui qui partage mon existence depuis de nombreuses années me fait peur. Je retiens mes larmes. Je dois aller chercher de l’aide à l’extérieur. La porte est fermée, j’ai beau tambouriner à m’en blesser les mains, personne ne peut m’entendre dans l’immensité de la forêt qui entoure la cabane. Un rapide coup d’œil à me téléphone portable me confirme ma crainte. Aucun réseau ne passe dans cet enfer. Comme une cage de faraday, les ondes ne traversent pas les murs trop épais.

Je me retourne et m’adosse contre la porte, cherchant dans l’obscurité une autre issue. Et c’est à ce moment là que je l’aperçois. Une forme blanche se dessine au loin. Il me semble la reconnaître, comment est-ce possible ? Je ferme les yeux, en espérant m’être trompée. Mais non, c’est elle, à quelques mètre de moi, l’ombre flottante d’Alicia me regarde fixement.


Je ne maîtrise plus rien, mes membres sont devenus lourds comme du plomb. Mes lèvres bougent sans que je ne puisse les contrôler. Il a pris la direction de mon corps et joue à le manipuler à sa guise. Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive cette nuit et je me mets à espérer que ce cauchemar cesse. Le réveil va sonner et je vais me lever pour aller travailler comme chaque matin.

D’ailleurs, il me semble entendre ma femme qui m’appelle :

-          « Etienne, c’est moi ! Réponds moi ! »

Mais une autre voix, bien moins chaleureuse, me ramène dans une réalité que je ne veux pas voir.

-          « Si tu veux qu’elle vive… il te faudra lui dire. Sinon, elle rejoindra les autresLes lâches payent toujours le prix fort. Il est l’heure. »


1 commentaire:

  1. Foudroyant le baiser !!!
    Et ce pauvre Etienne qui ne semble toujours pas comprendre ce que sa conscience cherche à lui faire reconnaître... mais de quel mal est-il coupable ???

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